Sécheresse et fissures : que surveiller ?
Une fissure peut avoir de nombreuses causes. Sa forme, sa largeur, son emplacement et son évolution doivent être pris en compte.
L’apparition d’une fissure sur une maison est souvent inquiétante. Pourtant, toutes les fissures ne présentent pas le même niveau de gravité. Certaines concernent uniquement l’enduit ou résultent d’un mouvement ancien et désormais stabilisé. D’autres peuvent révéler un déplacement des fondations, une déformation de la structure ou un problème lié au sol.
Lors des périodes de sécheresse, les maisons construites sur certains terrains argileux peuvent être affectées par le retrait-gonflement des argiles. Lorsque le sol perd de l’eau, il se rétracte. Lorsqu’il se réhydrate, il augmente de volume. Ces mouvements peuvent être irréguliers d’un côté à l’autre du bâtiment et provoquer des tensions dans les murs et les fondations.
Une fissure ne permet pas, à elle seule, d’identifier son origine. Son évolution, le contexte du bâtiment et les autres désordres observés sont tout aussi importants que son apparence.

Pourquoi la sécheresse peut-elle fissurer une maison ?
Le comportement particulier des sols argileux
Un sol argileux réagit aux variations de sa teneur en eau.
Pendant une période sèche :
* l’eau contenue dans les couches superficielles du sol s’évapore ;
* les argiles se dessèchent ;
* le volume du sol diminue ;
* le terrain peut se tasser ou se rétracter sous certaines parties du bâtiment.
Lorsque les pluies reviennent :
* le sol se réhydrate ;
* les argiles gonflent progressivement ;
* certaines zones du terrain peuvent se soulever ;
* de nouvelles contraintes peuvent apparaître dans la construction.
Ce phénomène est appelé retrait-gonflement des argiles, souvent abrégé en RGA.
Les mouvements restent généralement lents, mais leur amplitude peut être suffisante pour endommager un bâtiment. Les maisons individuelles sont particulièrement sensibles lorsqu’elles reposent sur des fondations superficielles ou hétérogènes.
Pourquoi les mouvements ne sont-ils pas uniformes ?
Le sol ne sèche pas toujours de la même manière autour de toute la maison.
Une façade peut être davantage exposée au soleil, tandis qu’une autre reste ombragée. Un arbre peut assécher localement le terrain par ses racines. Une descente de gouttière défectueuse peut au contraire concentrer de l’eau près d’un mur.
Les variations d’humidité peuvent donc être différentes :
* entre le nord et le sud de la maison ;
* entre une zone végétalisée et une zone minérale ;
* près d’un arbre ou d’une haie ;
* à proximité d’une fuite de canalisation ;
* sous une terrasse et dans un jardin découvert ;
* entre une construction principale et une extension.
Lorsque certaines fondations descendent tandis que d’autres restent stables, le bâtiment peut subir un mouvement différentiel.
La succession sécheresse-pluie
Les désordres peuvent apparaître pendant la période sèche, mais également après le retour des pluies.
Le sol se rétracte d’abord sous l’effet de la sécheresse. Il peut ensuite se regonfler de manière inégale lors de sa réhydratation. Cette succession de mouvements explique pourquoi certaines fissures deviennent visibles plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’épisode climatique qui les a favorisées.

Toutes les fissures ne sont pas causées par la sécheresse
Une fissure peut être liée à de nombreux phénomènes différents.
Parmi les causes possibles figurent :
* le retrait naturel d’un enduit ou d’un matériau récent ;
* les variations thermiques entre l’été et l’hiver ;
* un tassement ancien de la construction ;
* un défaut de fondation ;
* une fuite d’eau ou une mauvaise évacuation des eaux pluviales ;
* une surcharge ou une modification de la structure ;
* des travaux réalisés dans le bâtiment ;
* la création d’une ouverture dans un mur ;
* des travaux ou vibrations à proximité ;
* un mouvement de terrain ;
* le retrait-gonflement d’un sol argileux ;
* la corrosion d’un élément métallique ;
* la déformation d’un plancher ou d’une charpente.
La présence d’une fissure pendant ou après une sécheresse ne prouve pas automatiquement que la sécheresse en est la cause.
Une expertise peut être nécessaire pour relier les désordres observés au sol, aux fondations, à la structure ou à un événement climatique précis.
Observer la forme de la fissure
La forme constitue un indice utile, mais elle ne permet pas d’établir seule un diagnostic.
Les fissures verticales
Une fissure verticale peut apparaître :
* à la jonction de deux matériaux ;
* entre une extension et le bâtiment principal ;
* près d’un angle ;
* au-dessus ou au-dessous d’une ouverture ;
* sur un joint de construction.
Certaines fissures verticales restent superficielles. D’autres peuvent accompagner un mouvement différentiel des fondations.
Les fissures horizontales
Une fissure horizontale peut se développer :
* au niveau d’un plancher ;
* entre deux niveaux du bâtiment ;
* sous une toiture ;
* le long d’une reprise de maçonnerie ;
* à la jonction entre des matériaux différents.
Lorsqu’elle traverse la maçonnerie ou s’accompagne d’une déformation du mur, elle nécessite une attention particulière.
Les fissures obliques
Une fissure en diagonale peut apparaître à partir de l’angle d’une porte ou d’une fenêtre.
Elle peut être liée à une concentration des contraintes autour de l’ouverture, mais aussi à un mouvement d’une partie de la construction.
Les fissures en escalier
Les fissures en escalier suivent généralement les joints entre les briques, les parpaings ou les pierres.
Elles peuvent être compatibles avec un mouvement de la maçonnerie ou des fondations. Leur présence doit être examinée avec attention lorsqu’elles :
* s’élargissent ;
* se prolongent sur plusieurs rangées ;
* traversent plusieurs murs ;
* sont visibles à l’intérieur et à l’extérieur ;
* s’accompagnent d’autres déformations.
Les fissures autour des ouvertures
Les angles des portes et des fenêtres constituent des zones sensibles.
Il convient de regarder si la fissure :
* part d’un angle de fenêtre ;
* se prolonge en diagonale ;
* réapparaît de l’autre côté du mur ;
* accompagne un blocage de la menuiserie ;
* déforme l’encadrement.
Les fissures entre deux parties du bâtiment
La jonction entre une maison et une extension, un garage, une véranda ou une terrasse peut se fissurer lorsque les deux structures ne réagissent pas de la même manière.
Une construction ancienne et une extension récente peuvent avoir :
* des fondations différentes ;
* des profondeurs différentes ;
* des matériaux différents ;
* des charges différentes ;
* des mouvements propres.
Une fissure située exactement à cette jonction doit donc être distinguée d’une fissure qui traverse un mur continu.
Mesurer la largeur sans tirer de conclusion trop rapide
La largeur d’une fissure constitue un élément important du suivi.
Il est possible de distinguer, dans le langage courant :
* les fissures très fines, parfois limitées à la peinture ou à l’enduit ;
* les fissures nettement visibles ;
* les fissures ouvertes ou traversantes ;
* les lézardes importantes accompagnées d’un déplacement de la maçonnerie.
Ces catégories restent indicatives. Une fissure fine mais active peut être plus préoccupante qu’une fissure ancienne, plus large et parfaitement stabilisée.
La vitesse d’évolution est souvent aussi importante que la largeur mesurée.
Une attention particulière est nécessaire lorsqu’une fissure :
* s’élargit en quelques jours ou quelques semaines ;
* continue de progresser ;
* réapparaît après rebouchage ;
* traverse plusieurs matériaux ;
* devient visible sur les deux faces du mur ;
* présente un décalage entre ses deux bords.
Repérer l’emplacement de la fissure
L’emplacement aide à comprendre quelles parties du bâtiment peuvent être concernées.
Il convient de noter si la fissure se situe :
* sur un simple enduit ;
* sur un mur porteur ;
* sur une cloison intérieure ;
* près d’une fondation ;
* au-dessus d’une porte ou d’une fenêtre ;
* au niveau d’un plancher ;
* entre une extension et la maison ;
* dans un sous-sol ou un vide sanitaire ;
* au niveau d’un pignon ;
* sous la toiture ;
* sur un mur de soutènement.
Une fissure limitée à une couche de finition ne présente pas les mêmes implications qu’une ouverture traversant la maçonnerie.
Il n’est toutefois pas toujours possible de déterminer visuellement la profondeur réelle de la fissure.
Les signes qui doivent renforcer la vigilance
Une fissure devient plus préoccupante lorsqu’elle s’accompagne d’autres désordres.
Il faut notamment surveiller :
* une porte qui se ferme difficilement ;
* une fenêtre qui coince soudainement ;
* un sol qui semble s’incliner ;
* un carrelage qui se soulève ou se fissure ;
* une plinthe qui se décolle ;
* un espace apparaissant entre un mur et un plafond ;
* une séparation entre la maison et une extension ;
* un mur qui bombe ou se déforme ;
* une infiltration d’eau nouvelle ;
* une canalisation qui se rompt ;
* un dallage extérieur qui s’affaisse ;
* une terrasse qui se désolidarise du bâtiment ;
* plusieurs fissures apparaissant simultanément ;
* un bruit inhabituel de craquement.
Une fissure associée à une déformation visible, à une instabilité d’un mur ou à une chute d’éléments doit être traitée comme une situation potentiellement urgente.
En cas de doute sérieux sur la stabilité du bâtiment, il convient de s’éloigner de la zone concernée et de solliciter rapidement un professionnel ou les services compétents.
Réaliser un suivi méthodique
L’observation doit être organisée afin de pouvoir comparer la fissure dans le temps.
1. Photographier la fissure
Prenez une photographie générale pour montrer son emplacement sur le bâtiment.
Prenez ensuite une photographie rapprochée avec :
* une règle graduée ;
* un repère de taille connu ;
* une bonne lumière ;
* un cadrage reproduit lors des prochaines observations.
Conservez les fichiers originaux, car leur date peut contribuer à établir une chronologie.
2. Noter la date de découverte
Indiquez :
* la date à laquelle la fissure a été remarquée ;
* les conditions météorologiques récentes ;
* les travaux éventuellement réalisés ;
* les autres désordres observés ;
* les pièces concernées.
Lorsque la date exacte d’apparition n’est pas connue, indiquez la première date d’observation certaine.
3. Mesurer la largeur
Mesurez la fissure à plusieurs endroits clairement identifiés.
Évitez de comparer deux points différents d’une observation à l’autre. Il est préférable de numéroter les zones suivies, par exemple :
- point A près de la fenêtre ;
- point B au milieu du mur ;
- point C près du soubassement.
Notez les mesures sans les arrondir inutilement.
4. Marquer les extrémités
Un petit repère discret au crayon permet de vérifier si la fissure continue de s’allonger.
N’utilisez pas un marquage susceptible d’endommager davantage le support ou de masquer les bords de la fissure.
5. Répéter les observations
La fréquence dépend de la situation.
Une fissure récente ou évolutive peut nécessiter une observation rapprochée. Une fissure apparemment stable peut être contrôlée à intervalles plus espacés.
Prenez une nouvelle photographie :
* depuis le même angle ;
* avec le même repère ;
* dans des conditions de lumière comparables ;
* en indiquant la date.
6. Utiliser un témoin ou une jauge
Une jauge de fissuration peut permettre de mesurer précisément l’évolution de l’ouverture.
Sa pose et son interprétation sont préférables lorsqu’elles sont encadrées par un professionnel. Un témoin artisanal qui se casse peut signaler un mouvement, mais il ne mesure pas précisément son amplitude et peut donner une impression trompeuse de sécurité.

Préparer une fiche d’observation
Pour chaque fissure, il est utile de conserver les informations suivantes :
* numéro ou nom de la fissure ;
* adresse du bâtiment ;
* façade ou pièce concernée ;
* orientation du mur ;
* date de la première observation ;
* forme de la fissure ;
* longueur approximative ;
* largeur en plusieurs points ;
* présence intérieure, extérieure ou traversante ;
* évolution constatée ;
* photographies associées ;
* autres désordres proches ;
* événements climatiques récents ;
* travaux récents dans le bâtiment ou à proximité.
Cette fiche facilite les échanges avec :
* l’assureur ;
* un expert en bâtiment ;
* un ingénieur structure ;
* un géotechnicien ;
* un maître d’œuvre ;
* la mairie.
Examiner le contexte autour de la maison
Le diagnostic ne doit pas se limiter au mur fissuré.
Les eaux de pluie
Vérifiez :
* l’état des gouttières ;
* les raccords des descentes d’eau ;
* la destination des eaux pluviales ;
* la présence de fuites ;
* les zones où l’eau stagne ;
* les pentes du terrain autour de la maison ;
* les regards et canalisations accessibles.
Une concentration d’eau au pied des fondations peut réhydrater localement le sol, tandis qu’un défaut d’apport d’eau sur une autre façade peut accentuer les différences d’humidité.
Les réseaux enterrés
Une fuite sur une canalisation d’eau potable, d’eaux usées ou d’eaux pluviales peut modifier localement le terrain.
Certains signes peuvent attirer l’attention :
* une consommation d’eau anormalement élevée ;
* une zone constamment humide ;
* un affaissement localisé ;
* une végétation anormalement vigoureuse ;
* une odeur ou un écoulement inhabituel.
La végétation
Les arbres et les grandes haies absorbent de l’eau par leur système racinaire.
Leur influence dépend :
* de l’essence ;
* de leur hauteur ;
* de leur distance par rapport au bâtiment ;
* de la profondeur des racines ;
* de la nature du sol ;
* de la présence d’autres sources d’eau.
La végétation proche des fondations peut accentuer localement l’assèchement du sol. Le ministère cite notamment la gestion de la végétation et la pose éventuelle d’un écran anti-racines parmi les solutions pouvant être étudiées.
L’abattage brutal d’un arbre ou la modification importante de son système racinaire ne doit pas être décidé sans analyse. Une modification rapide de l’équilibre hydrique peut également avoir des conséquences sur le terrain.
Les constructions voisines et travaux récents
Notez la présence éventuelle :
* d’un chantier voisin ;
* d’une excavation ;
* d’un terrassement ;
* d’un passage répété d’engins lourds ;
* d’une démolition ;
* d’un pompage d’eau ;
* d’une modification du drainage ;
* d’une nouvelle extension.
Ces événements peuvent constituer des éléments importants pour comprendre l’apparition ou l’évolution des fissures.
Vérifier l’exposition au retrait-gonflement des argiles
La carte Géorisques permet de connaître le niveau d’exposition d’un secteur au phénomène de retrait-gonflement des argiles.
La cartographie nationale a été mise à jour en 2026 afin d’intégrer les effets du changement climatique et la sinistralité observée au cours des dernières années. Le nouveau zonage est notamment applicable depuis le 1er juillet 2026 à certains actes concernant les terrains constructibles et les contrats de construction de maisons individuelles.
Cette carte constitue une information utile, mais elle ne remplace pas une étude du terrain.
Une même parcelle peut présenter :
* plusieurs types de sol ;
* des remblais ;
* des différences de profondeur ;
* une circulation d’eau particulière ;
* des fondations différentes d’un bâtiment à l’autre.
Une zone classée comme exposée indique un contexte favorable au phénomène. Elle ne prouve pas que la fissure observée est causée par le retrait-gonflement des argiles.
Quand consulter un professionnel ?
Une analyse professionnelle est recommandée lorsque :
* la fissure évolue ;
* elle traverse la maçonnerie ;
* elle est visible à l’intérieur et à l’extérieur ;
* elle forme un escalier marqué dans les joints ;
* elle s’accompagne d’un déplacement des deux côtés du mur ;
* plusieurs fissures apparaissent en même temps ;
* les portes ou fenêtres se déforment ;
* le sol ou les planchers bougent ;
* une extension se sépare du bâtiment ;
* des infiltrations apparaissent ;
* la stabilité d’un élément semble compromise ;
* l’origine du phénomène reste incertaine.
Selon le problème, plusieurs intervenants peuvent être sollicités.
L’expert en bâtiment
Il observe les désordres, leur répartition et leur évolution. Il peut proposer des investigations complémentaires.
L’ingénieur structure
Il analyse la stabilité des murs, planchers, fondations et autres éléments porteurs.
Le géotechnicien
Il étudie la nature du sol, son comportement, la présence d’argiles et les interactions entre le terrain et les fondations.
Le spécialiste des réseaux
Il recherche une fuite ou un dysfonctionnement des évacuations enterrées.
Le maître d’œuvre ou l’entreprise spécialisée
Ils interviennent après le diagnostic pour définir et réaliser les travaux adaptés.
Le traitement de la fissure ne doit intervenir qu’après l’identification de sa cause.
Reboucher ou repeindre une fissure active peut masquer temporairement son évolution sans résoudre le problème.
Que faire auprès de son assurance ?
Lorsqu’une fissure importante apparaît, il est recommandé de consulter rapidement les conditions de son contrat d’assurance et de prendre contact avec son assureur.
Avant toute réparation non urgente :
* photographiez les désordres ;
* conservez les preuves de leur évolution ;
* rassemblez les factures et documents relatifs à la maison ;
* conservez les rapports, plans et études existants ;
* demandez à l’assureur les démarches à suivre ;
* évitez de faire disparaître les éléments nécessaires à l’expertise.
Les réparations indispensables à la sécurité ou destinées à empêcher une aggravation doivent être documentées. Conservez les devis, factures et photographies avant et après l’intervention.
La reconnaissance de catastrophe naturelle
La garantie catastrophe naturelle peut couvrir certains dommages causés par une sécheresse ou une réhydratation des sols lorsque deux conditions principales sont réunies :
- le bien est assuré par un contrat couvrant les dommages aux biens ;
- un arrêté interministériel reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour la commune, la période et le phénomène concernés.
La commune transmet une demande de reconnaissance à l’État. Une commission interministérielle examine ensuite le dossier avant une éventuelle publication au Journal officiel.
Il est utile de signaler les dommages à la mairie, car les témoignages de plusieurs propriétaires peuvent contribuer à faire connaître l’ampleur locale du phénomène.
Après la publication d’un arrêté
Lorsqu’un arrêté reconnaît l’état de catastrophe naturelle, le sinistre doit être déclaré à l’assureur dès que possible et au plus tard dans les trente jours suivant la publication de l’arrêté au Journal officiel.
La déclaration doit présenter notamment :
* l’identité et l’adresse de l’assuré ;
* le numéro du contrat ;
* la description des dommages ;
* la période d’apparition constatée ;
* les photographies disponibles ;
* les mesures réalisées ;
* les éventuels rapports professionnels ;
* l’estimation des dommages lorsqu’elle est disponible.
Il n’est pas nécessaire d’attendre la publication d’un arrêté pour commencer à photographier les fissures, constituer un dossier, contacter l’assureur et informer la mairie.
L’indemnisation dépend du contrat, des dommages retenus par l’expertise et de la reconnaissance officielle de l’événement.
Les erreurs à éviter
Reboucher immédiatement la fissure
Un rebouchage trop précoce peut faire disparaître des informations utiles et empêcher d’observer l’évolution.
Se fier uniquement à une photographie
Une photographie peut montrer la forme d’une fissure, mais pas toujours sa profondeur, le mouvement des fondations ou l’état du sol.
Conclure uniquement à partir de la largeur
Une fissure fine peut évoluer rapidement. Une fissure plus large peut être ancienne et stabilisée.
Entreprendre des travaux lourds sans diagnostic
Une reprise en sous-œuvre, un drainage, une injection ou une modification des fondations doit répondre à une cause identifiée.
Modifier brutalement la végétation
L’abattage d’un arbre ou la suppression de racines proches du bâtiment peut modifier l’humidité du sol.
Diriger l’eau vers les fondations
Une descente de gouttière ou un drainage mal conçu peut concentrer l’eau à un endroit sensible.
Confondre réparation esthétique et réparation structurelle
Repeindre un mur ou refaire un enduit ne corrige pas un mouvement actif du bâtiment.
Comment réduire les risques autour de la maison ?
Les mesures de prévention doivent être adaptées au terrain et au bâtiment.
Entretenir les évacuations d’eau
Il convient de :
* nettoyer les gouttières ;
* réparer les fuites ;
* contrôler les descentes d’eau ;
* vérifier les regards ;
* éloigner correctement les rejets d’eau des fondations ;
* entretenir les canalisations.
Limiter les variations localisées d’humidité
Le but n’est pas d’assécher totalement le terrain, ni de l’arroser sans contrôle. Il s’agit d’éviter des différences excessives d’humidité entre plusieurs côtés du bâtiment.
Selon le diagnostic, les solutions peuvent comprendre :
* une meilleure gestion des eaux pluviales ;
* une protection périphérique du sol ;
* la réparation des réseaux ;
* une adaptation du drainage ;
* un traitement de la végétation ;
* un écran anti-racines ;
* une géomembrane ;
* un dispositif limitant l’évaporation au voisinage des fondations.
Le ministère mentionne notamment la protection des abords par une géomembrane ou par un trottoir périphérique imperméable parmi les mesures envisageables. Ces travaux doivent être conçus en fonction du bâtiment et de l’écoulement des eaux.
Surveiller les arbres proches
L’entretien doit être raisonné et progressif.
Avant d’abattre ou de tailler fortement un arbre proche d’une construction, il peut être utile de demander l’avis :
* d’un spécialiste de l’arbre ;
* d’un expert bâtiment ;
* d’un géotechnicien ;
* d’un professionnel connaissant le phénomène de retrait-gonflement.
Vérifier les extensions et canalisations
Les extensions doivent disposer de fondations et de joints adaptés à leur configuration.
Les canalisations traversant les fondations ou reliant deux parties du bâtiment doivent pouvoir supporter les mouvements différentiels sans se rompre.

Les travaux possibles après diagnostic
Les solutions dépendent de l’origine et de l’importance des désordres.
Elles peuvent concerner :
* la réparation d’une fuite ;
* la reprise des évacuations d’eau ;
* la gestion de la végétation ;
* la protection du sol autour des fondations ;
* la création ou la reprise d’un joint entre deux bâtiments ;
* la consolidation d’un mur ;
* la réparation des fissures après stabilisation ;
* le renforcement des fondations ;
* une reprise en sous-œuvre ;
* des micropieux ;
* une amélioration ou un traitement du sol.
Les travaux de renforcement des fondations sont généralement lourds et coûteux. Ils ne doivent pas être choisis uniquement parce qu’une fissure est visible.
Avant de réparer la fissure, il faut traiter le mécanisme qui la provoque. Dans le cas contraire, elle risque de réapparaître.
Le Fonds de prévention argile
Depuis octobre 2025, l’État expérimente un fonds de prévention du retrait-gonflement des argiles dans plusieurs départements particulièrement exposés.
En 2026, ce dispositif concerne notamment :
* l’Allier ;
* les Alpes-de-Haute-Provence ;
* la Dordogne ;
* le Gers ;
* l’Indre ;
* le Lot-et-Garonne ;
* la Meurthe-et-Moselle ;
* le Nord ;
* le Puy-de-Dôme ;
* le Tarn ;
* le Tarn-et-Garonne.
Le fonds peut financer, sous conditions, un diagnostic de vulnérabilité et certains travaux de prévention. Les critères ont été élargis en juin 2026 afin d’aider davantage de propriétaires.
Le dispositif vise prioritairement certaines maisons individuelles exposées, non sinistrées ou présentant des désordres précoces. L’éligibilité dépend notamment du bâtiment, de sa localisation, de l’occupation du logement et des ressources du propriétaire.
Ce que Climarys peut apporter
Climarys peut mettre en perspective les fissures observées avec le contexte climatique et environnemental du logement.
La fiche du logement peut notamment rapprocher :
* le niveau d’exposition au retrait-gonflement des argiles ;
* la nature connue ou présumée du terrain ;
* les périodes de sécheresse ;
* les projections climatiques locales ;
* l’historique des arrêtés de catastrophe naturelle de la commune ;
* la proximité de certains facteurs environnementaux ;
* les caractéristiques renseignées du bâtiment ;
* les photographies et mesures conservées par l’utilisateur.
Cette lecture permet d’identifier des points de vigilance et de préparer un dossier plus structuré avant de consulter un professionnel.
Climarys peut également aider à organiser un suivi :
- enregistrer la date de première observation ;
- localiser la fissure sur le bâtiment ;
- ajouter des photographies successives ;
- consigner les mesures ;
- noter les événements climatiques récents ;
- conserver les documents et rapports disponibles.
Climarys ne détermine pas à distance la cause certaine d’une fissure et ne réalise pas de diagnostic structurel ou géotechnique.
Une analyse numérique ne remplace pas :
- une inspection sur place ;
- un diagnostic de bâtiment ;
- une étude géotechnique ;
- une expertise d’assurance ;
- l’avis d’un ingénieur structure.
Sources et références
Géorisques
Géorisques présente le mécanisme du retrait-gonflement des argiles, les niveaux d’exposition et les informations disponibles pour une adresse ou une parcelle.
Ministère de la Transition écologique
Le ministère publie des guides sur la prévention, l’adaptation des maisons et les solutions pouvant réduire les variations d’humidité autour des fondations.
BRGM
Le Bureau de recherches géologiques et minières contribue à l’étude, à la cartographie et à l’évolution de la connaissance du retrait-gonflement des argiles. La mise à jour de la cartographie nationale publiée en 2026 intègre davantage les effets du changement climatique et la sinistralité récente.
Service-Public
Service-Public précise les conditions de mise en œuvre de la garantie catastrophe naturelle, les démarches de déclaration et les délais applicables après la publication d’un arrêté.
Observer, documenter et agir dans le bon ordre
Face à une fissure, la première étape n’est pas de la masquer, mais de la comprendre.
La démarche recommandée consiste à :
- photographier et localiser la fissure ;
- mesurer sa largeur ;
- suivre son évolution ;
- rechercher les autres désordres ;
- examiner le contexte du bâtiment ;
- vérifier l’exposition du terrain ;
- conserver tous les documents ;
- contacter l’assureur lorsque la situation le justifie ;
- solliciter un professionnel en cas d’évolution ou de doute ;
- traiter la cause avant de réparer les conséquences.
Une fissure stable et superficielle peut rester sans conséquence structurelle. Une fissure évolutive peut, au contraire, signaler un mouvement qui nécessite une analyse. La surveillance dans le temps est donc essentielle.